La France sait-elle ce qu’elle veut en offre d’hébergement touristique ?

La France compte sur le tourisme pour tirer la croissance : record battu en 2007 avec plus de 80 millions de touristes étrangers accueillis sur notre territoire, ce qui nous place au premier rang mondial.

Mais ils dépensent moins qu’ailleurs, et nous chutons alors à la troisième place.

Que faut-il donc faire pour nous remonter le moral (et les recettes) dans un contexte qui se complique ?

Une des pistes est de redorer le blason des destinations, en lançant des campagnes ciblées de type « Bonjour » reprise en « Bienvenue en France », mais cela dépend tellement de la bonne volonté des acteurs sur le terrain, et les beaux discours n’y changent pas grand chose. Qui ne s’est pas crispé en vacance devant un serveur ou un patron de restaurant blasé du magma de clientèle toujours là, ou se plaignant de l’attitude de touristes toujours plus pingres : ils sont également touristes à leurs heures, et attendent un service quelque soit le budget dépensé.

Une autre piste à explorer réside dans l’hébergement, et là, un constat s’impose : nous disposons d’une offre luxueuse côtoyant l’entrée de gamme, laissant peu de place à une offre intermédiaire. Il suffit pour s’en convaincre de voir les émissions télévisées vantant la réussite de palaces et de campings toujours plus modernes. Les premiers s’adressent à une clientèle haut de gamme – qui restera marginale par définition -, quant aux autres, le spectre de la clientèle n’a cessé de s’ouvrir aux classes moyennes, délaissant même la clientèle d’entrée de gamme, qui se tournent vers les résidences de tourisme, pour autant que le prix soit limité.

Depuis plusieurs années, le prix de l’immobilier à flambé, alors que le ticket moyen payé par les touristes pour leur hébergement à stagné. Les comparaisons sur internet sont devenues faciles, et pourquoi dépenser le même budget en France pour une prestation simple, alors que je trouve mieux dans les destinations autours de la méditerranée où le soleil, est quasiment garanti et la prestation supérieure.

Faut-il s’en inquiéter ? Certainement. Les sites touristiques prisés pour un développement sont avant tout les fronts de mer ou de montagne, où les conditions de production d’hébergements sont de plus en plus draconiens (loi montagne et loi littoral notamment). Indispensables à la pérennité de notre patrimoine, ces contraintes freinent la production des hébergements qui se cantonnent dans des offres de qualité médiocre en termes de surfaces d’hébergement et d’équipements collectifs.

En dehors de la mer ou de la montagne, nous disposons pourtant d’un patrimoine rural riche et varié, qui ne demande qu’à accueillir des structures d’hébergement, points de départ d’une découverte d’une région ou d’un territoire.

Des opérateurs nationaux s’y intéressent, mais le constat reste mitigé : fabriquer de l’hébergement touristique de façon industrielle en milieu fermé laisse peu de chance à la découverte des alentours, et produire de l’hébergement du seul fait qu’un site est éligible à un dispositif fiscal laisse songeur.

Quand comprendra-t-on qu’il faut produire en zone rurale des structure d’hébergement de qualité, mais à des prix compétitifs : cette approche nécessite un accompagnement en terme d’aides publiques, mais également une production déconnectée de l’immobilier pour en réduire le coût, et casser l’image de promoteur véhiculée par les porteurs de projet.

___________________________

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.